Placés devant un miroir, la plupart des animaux pensent faire face à un congénère. En 1970, pour approfondir le sujet, le psychologue Gordon Gallup élabore une expérience simple : appliquer discrètement une tache colorée sur une zone du corps de l'animal, qui ne peut être vue directement.
Si l’animal utilise le miroir pour inspecter ou nettoyer cette marque, le "test du miroir" est considéré comme réussi. Après le succès des chimpanzés, les premiers à avoir brillamment passé le test, d'autres mammifères ont démontré cette même capacité à reconnaître leur reflet. Parmi eux figurent notamment :
- les grands singes
- le grand dauphin
- l'éléphant d'Asie
Des oiseaux aux poissons : les résultats font débat
Les capacités cognitives des animaux ne cessent de surprendre. Selon une étude de 2008, au-delà du monde des mammifères, la pie bavarde aurait également réussi le test. Des résultats à prendre avec des pincettes puisqu'une tentative ultérieure de reproduction de l'expérience, sur un échantillon plus large, n'a pas permis de confirmer ces conclusions.
Le cas du labre nettoyeur, un petit poisson tropical, fait aussi l'objet de discussions approfondies. En 2019, des chercheurs ont constaté qu'il tentait de décrocher une fausse tique uniquement visible dans le miroir. Des recherches complémentaires publiées en 2025 sont venues appuyer cette découverte en décrivant des réactions similaires à celles des mammifères.
Les limites du test : la conscience de soi
Si le test du miroir a longtemps été considéré comme une preuve de conscience de soi, de nombreux scientifiques invitent aujourd'hui à la nuance. Cet examen évalue avant tout une aptitude visuelle. L'échec ne traduit pas un manque d'intelligence. Le chien, par exemple, se sert principalement de l'odorat pour explorer son environnement. Il s'avère tout à fait capable de s'identifier grâce à sa propre empreinte olfactive plutôt que par son image (son reflet dans un miroir).
Bien que le test du miroir demeure un outil de référence, il ne suffit toutefois pas à appréhender la complexité de l'esprit animal. Les scientifiques conçoivent désormais de nouvelles méthodes d'évaluation, tenant compte des spécificités sensorielles et du mode de vie de chaque espèce.
