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Fonte de la banquise : manchots empereurs et otaries antarctiques au bord de l’extinction

  • 13 juil. 2026 14:11

Les manchots empereurs entrent officiellement dans la catégorie des espèces en danger d’extinction, un sort que partagent également les otaries à fourrure antarctiques. La mise à jour de la Liste rouge de l’UICN dresse le tableau d’une situation toujours plus fragile au sein de l’écosystème antarctique, où la diminution de la banquise bouleverse les conditions de survie de nombreuses espèces.

Les scientifiques expliquent que les manchots empereurs dépendent d’une glace stable durant la majeure partie de l’année. Ils en ont besoin pour s’accoupler, couver leurs œufs, élever leurs petits et achever leur mue. Lorsque la glace se brise trop tôt, les poussins, encore incapables de nager, tombent dans l’eau ou meurent de froid. Les images satellites révèlent une baisse d’environ 10 % de la population entre 2009 et 2018, soit plus de 20 000 adultes.

Depuis 2016, la superficie de la banquise a atteint des minimums records, et les modèles climatiques indiquent que la population pourrait être réduite de moitié d’ici les années 2080 si les émissions ne sont pas fortement réduites. Certaines colonies affichent déjà des signes inquiétants, avec de fortes baisses d'effectifs et des sites de reproduction qui se sont effondrés avant que les jeunes ne puissent survivre.

L'impact sur les otaries antarctiques et sur les éléphants de mer du Sud

Le problème ne concerne pas uniquement les manchots. Les otaries antarctiques ont elles aussi été placées dans la catégorie des espèces "en danger" après un déclin de plus de 50 % de leur population, passée de plus de deux millions d’individus à moins d’un million en une vingtaine d’années. La cause principale réside dans la raréfaction du krill, leur principale source de nourriture, qui migre vers des eaux plus profondes sous l’effet de la hausse des températures.

La pénurie de krill a des effets directs en particulier sur les petits, dont le taux de survie durant leur première année de vie s’est effondrée dans plusieurs colonies. Il en résulte un vieillissement et une diminution de la population reproductrice. Pour ne rien arranger, des prédateurs naturels comme les orques et les léopards de mer accentuent cette fragilité, tout comme la compétition avec les baleines, dont les populations sont en pleine reconstruction, se nourrissent des mêmes proies.

Parallèlement, les éléphants de mer du Sud montrent eux aussi des signes de détresse. L’espèce a été classée comme "vulnérable" à la suite d'une mortalité généralisée liée à la grippe aviaire hautement pathogène. Dans certaines colonies, plus de 90 % des petits sont morts, tandis que les femelles adultes se révèlent particulièrement exposées en raison du temps prolongé qu'elles passent sur les plages.

L’Antarctique, un signal d’alarme pour la planète entière

Ces espèces sont de précieux indicateurs des changements environnementaux. Les animaux qui vivent en colonies denses, comme les manchots et les phoques, se révèlent particulièrement vulnérables aux maladies et à la perte de leur habitat. Par ailleurs, la hausse des températures facilite la propagation d'agents pathogènes dans les régions polaires, où les animaux y ont été peu exposés jusqu’à présent.

La mise à jour de la Liste rouge constitue un signal clair : le déclin de ces populations n’est pas un phénomène isolé, il est le reflet d'un écosystème antarctique de plus en plus instable. Les scientifiques réclament des programmes de suivi plus étendus et des décisions rapides, alors que les chiffres démontrent que le temps dont nous disposons pour inverser la tendance s'amenuise à toute vitesse.

Source : UICN / World Wildlife Fund

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