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Grèce : les phoques moines obligés de se cacher dans des grottes immergées pour fuir le tourisme de masse

  • 14 juil. 2026 15:09

En Grèce, les phoques moines modifient leurs habitudes et se réfugient dans des grottes sous-marines remplies d’air pour échapper au tourisme de masse et au dérangement humain croissant, source de stress continu. 

Les habitudes du phoque moine de Méditerranée sont en train de changer en profondeur, et pas dans le bon sens, bien au contraire. En Grèce, où la fréquentation touristique des côtes est toujours plus intense, ces animaux abandonnent en effet leurs plages traditionnelles et les rochers exposés pour se réfugier dans des environnements de plus en plus cachés. Selon une étude publiée dans la revue Oryx, les phoques utilisent avec une fréquence croissante ce que l’on appelle des "grottes immergées pleines d’air", des milieux difficiles d’accès, protégés de la lumière directe et du contact humain. Une stratégie de survie qui montre à quel point l’impact humain modifie le comportement de la faune marine.

Des plages ouvertes aux "bubble caves" cachées

Autrefois, les phoques moines privilégiaient les plages isolées et les étendues de côte tranquilles où ils pouvaient se reposer et se sécher au soleil. Aujourd’hui cependant, la pression du tourisme et du trafic nautique a poussé l’espèce vers des lieux bien plus inaccessibles. Les observations menées en Grèce, dans l’archipel ionien, ont mis en évidence l’utilisation d’une formation naturelle particulière : les bubble caves, des cavités immergées dotées de poches d’air internes, accessibles uniquement par des tunnels sous-marins. Dans ces milieux, les phoques peuvent se reposer en suspension dans l’eau, rester immobiles sur le fond ou dormir en position verticale, totalement préservés du dérangement extérieur.

Les données de l’étude : un refuge utilisé presque tous les jours

Pour analyser le phénomène, les chercheurs ont installé un système de caméras sous-marines de télésurveillance dans plusieurs grottes connues pour abriter des phoques. Les enregistrements, collectés sur 141 jours entre 2020 et 2021, ont mis en lumière un comportement clair : les grottes immergées ont été utilisées pendant 119 jours, contre seulement 30 jours pour les cavités traditionnelles. Un chiffre qui indique une nette préférence pour des milieux plus protégés, probablement choisis pour réduire les interactions avec l’homme durant les périodes de plus forte affluence touristique.

Le tourisme, une pression invisible sur l’espèce

Le principal problème reste le dérangement d’origine humaine, qui compte aujourd’hui parmi les menaces les plus sérieuses pour la survie du phoque moine. Les plages bondées, les embarcations, les plongées sous-marines et les approches incessantes contraignent les animaux à modifier radicalement leur habitat. Sur certaines îles grecques, comme Formicula, les touristes pénètrent souvent jusque dans les grottes où les phoques élèvent leurs petits, ce qui augmente leur niveau de stress et réduit les zones de sécurité disponibles.

Nous rendons leurs habitats de moins en moins safe

Les phoques moines ne se contentent pas de "choisir" de nouvelles grottes : ils sont en train de fuir. Lorsqu’un animal est contraint d’abandonner ses habitudes ancestrales pour trouver des refuges toujours plus cachés et inaccessibles, cela signifie que son habitat n’est plus sûr. Le tourisme, s’il n’est pas encadré, et la présence constante de l’être humain sur les côtes transforment des espaces naturels en zones de stress permanent, réduisant les possibilités de repos, de reproduction et, à terme, de survie.

Le plus préoccupant, c’est que cela ne concerne pas uniquement les phoques. Ce schéma se répète partout : dans les mers, les montagnes et les forêts. Les animaux sauvages ne recherchent pas le contact humain, ils le subissent. Et chaque fois que nous nous approchons trop, même avec de bonnes intentions, nous risquons de les pousser un peu plus vers la marginalisation. La nature n’est pas un décor à explorer sans limites, mais un équilibre fragile à respecter. 

Source : Oryx

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