Preloader

Le spectacle unique du lac de Pilate dans les monts Sibyllins : il retrouve sa forme de lunettes après dix ans

  • 21 juin 2026 14:11

Dans les Marches, le lac de Pilate (monts Sibyllins) a retrouvé sa célèbre forme de lunettes après 10 ans, grâce à la fonte des neiges sur le mont Vettore. C’est ici que vit le chirocéphale de Marchesoni, un rarissime crustacé endémique unique au monde.

Pour les personnes qui associent les mois d’été à la nature sauvage et aux températures fraîches des sommets des Apennins, un événement naturel d’une portée exceptionnelle est en train de redessiner la géographie d’altitude de l’Italie centrale. Au cœur du Parc national des Monts Sibyllins, le seul bassin d’origine glaciaire de la région des Marches a retrouvé sa physionomie la plus spectaculaire. Le lac de Pilate réaffiche, en effet, sa célèbre forme de lunettes. Ce phénomène hydrologique, qui n’avait pas été observé depuis près d’une décennie, a immédiatement attiré l’attention des scientifiques, randonneurs et alpinistes.

La renaissance du double bassin à 2 000 mètres d’altitude

Niché à 1 941 mètres d’altitude sur les pentes escarpées du mont Vettore, le site avait été fortement fragilisé ces derniers temps par une sécheresse prolongée et par une forte diminution des précipitations neigeuses hivernales. Ces conditions climatiques défavorables avaient progressivement appauvri le bassin, laissant les deux cuvettes glaciaires séparées et isolées l’une de l’autre, comme deux étangs distincts.

Cependant, les abondantes chutes de neige accumulées au cours de la dernière saison froide ont inversé la tendance : la fonte progressive des neiges résiduelles en altitude a libéré un flux d’eau suffisant pour combler le dénivelé, unissant à nouveau les deux plans d’eau en une seule et saisissante figure géométrique.

Le suivi des experts et la protection du chirocéphale de Marchesoni

C’est l’alpiniste Sara Marcelli qui a documenté la fusion des plans d’eau : au cours d’une randonnée sur les sentiers du massif, elle a constaté que les volumes actuels continuaient de grimper grâce aux accumulations de neige qui recouvrent encore les versants rocheux. Le retour au niveau d’origine ne représente pas seulement une réussite paysagère d’une rare beauté, mais constitue un élément vital pour l’écosystème local.

Ces eaux cristallines sont, en effet, le seul habitat terrestre dans lequel survit le chirocéphale de Marchesoni, un rare crustacé endémique (unique au monde) qui dépend étroitement de la stabilité biologique et thermique de cette cuvette de l’Apennin. Pour les amateurs de marche lente, la montagne a restitué son symbole le plus précieux.

Partager: