Une équipe de recherche dirigée par le Carnegie Museum of Natural History (États-Unis) a annoncé la découverte d’une nouvelle espèce de dinosaure ayant vécu il y a 120 millions d’années, baptisée Jian changamaensis et parente du célèbre Velociraptor, décrite comme une sorte de "dragon à quatre ailes".
Le nom donné à l’espèce, Jian changamaensis, ne doit rien au hasard : tout d’abord, Jiān était un oiseau de la mythologie chinoise doté d’un seul œil et d’une seule aile. Changamaensis, quant à lui, est un hommage à la zone de découverte, le bassin de Changma, dans le nord-ouest de la Chine, qui constitue l’un des sites fossilifères les plus riches du pays.
“Pendant des décennies, le site de Changma a fait la renommée des paléontologues pour ses extraordinaires fossiles d’oiseaux”, explique Matt Lamanna, auteur principal de l’étude. “Aujourd’hui, avec la découverte de Jian, nous savons enfin qui les mangeait.”
Ces dernières années, en effet, des centaines de fossiles appartenant à des dinosaures aviens, les ancêtres de nos oiseaux, ont été mis au jour sur ce site. La majeure partie de ces vestiges est constituée de fragments d’os qui ressemblent fortement aux pelotes de régurgitation, ces agglomérats compacts de matière non digérée que les rapaces modernes comme les hiboux régurgitent après leurs repas.
Jian pourrait également s’être nourri de Gansus yumenensis, l’un des tout premiers oiseaux de l’ère des dinosaures jamais découverts en Chine, que les paléontologues ont mis au jour en 1981, dans le bassin de Changma même.
L’espèce, parente du Velociraptor, est un microraptor, un genre de petits dinosaures appartenant à la famille des Dromaeosauridae et dotés de quatre ailes. La nouvelle étude, menée grâce à l’analyse des os intacts de l’épaule et du membre antérieur, a cependant démontré que le fossile appartenait à une espèce de microraptor jusqu’alors inconnue. La découverte étend donc la chronologie de l’existence de ces dinosaures à plumes.
“[Jian] élargit l’aire de répartition géographique et contribue à mettre en évidence la diversité anatomique de ce groupe”, commente à ce propos Alexander Dececchi, professeur adjoint au College of Arts and Sciences de la Dakota State University à Madison (États-Unis), qui n’a pas participé à cette étude. “Tous ces éléments sont importants pour déterminer où, quand et lesquels d’entre eux étaient capables de pratiquer la locomotion aérienne.”
“Car, attention, bien qu’il ait été doté de quatre ailes, ce dinosaure a été classé parmi les espèces 'non avien', autrement dit, ce n’était pas un oiseau tel que nous l’imaginons. Le microraptor vivait en effet au sol, même s’il a pu apprendre à nicher dans les arbres et à planer d’une branche à l’autre pour rester hors de portée des dinosaures carnivores plus grands.”
“Ces créatures ont peut-être commencé à vivre au sol, puis elles ont commencé à grimper et, une fois dans les arbres, ont développé des caractéristiques qui les aidaient à y rester.” explique Matt Lamanna.
Ce fossile permettra aux scientifiques d’étudier l’évolution des ailes et du vol chez les microraptors. En attendant, la prochaine étape sera de scanner l’aile pour voir ce qu’elle pourrait révéler sur les capacités de vol ou de vol plané des microraptors.
Les travaux ont été publiés dans la revue Annals of Carnegie Museum.
Sources : Carnegie Museum of Natural History/Facebook / Annals of Carnegie Museum / CNN
