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Ce pays réintroduit près de 4 millions d’animaux en un an : un repeuplement historique

  • 22 juin 2026 14:27

La Turquie écrit une nouvelle page de la conservation de l’environnement : près de 4 millions d’animaux ont été relâchés en 2025. Depuis 2001, les réintroductions dépassent la barre des 51 millions, parallèlement à l’extension des territoires protégés du pays. 

Une offensive verte sans précédent est en train de redessiner les équilibres naturels entre l’Europe et l’Asie, plaçant la Turquie à l’avant-garde des politiques de conservation environnementales. Au cours de l’année 2025, les autorités d’Ankara ont coordonné une gigantesque opération de repeuplement qui a vu la réintroduction de pas moins de 3 745 402 animaux dans leurs habitats d’origine.

Cette vaste manœuvre écologique a été entièrement planifiée et mise en œuvre par la Direction générale de la conservation de la nature et des parcs nationaux (DKMP), qui opère sous la supervision du ministère de l’Agriculture et des Forêts. L’initiative ne se limite pas à enrayer le déclin des espèces locales, elle vise également à restaurer les chaînes alimentaires fragilisées par l’activité humaine.

Les espèces remises en liberté et le bilan historique depuis 2001

Le recensement détaillé des lâchers effectués au cours de la dernière année révèle une stratégie diversifiée selon les territoires. Les zones boisées et montagneuses ont ainsi accueilli 152 mammifères sauvages et 45 250 oiseaux, relâchés pour renforcer les populations terrestres. L’essentiel des réintroductions concerne toutefois les milieux aquatiques, dans lesquels les experts ont introduit 3,7 millions de truites avec l’objectif précis de stabiliser la chaîne biologique des bassins intérieurs. Cet effort récent s’inscrit dans un macro‑projet actif depuis 2001 qui, en vingt‑quatre ans, a permis d’introduire plus de 51,1 millions de créatures dans les sanctuaires naturels turcs, parmi lesquelles se distinguent 1,48 million de volatiles et 2 421 mammifères.

L’extension des zones protégées et le recensement de la faune

Afin de garantir la survie des spécimens relâchés, l’État a parallèlement verrouillé ses espaces naturels. À la fin de l’année 2025, la Turquie a étendu sa superficie légalement protégée à 3,8 millions d’hectares, enregistrant une augmentation de pas moins de 39 800 hectares par rapport à la saison précédente.

Le réseau des réserves gérées par la DKMP comprend aujourd’hui 690 zones de préservation, au sein desquelles figurent 50 parcs nationaux, 274 parcs naturels, 85 zones de développement de la faune ainsi que plusieurs zones humides, dont 14 sites Ramsar protégés par des traités internationaux. Les suivis scientifiques menés dans ces oasis ont déjà permis d’identifier 29 694 spécimens appartenant à 17 espèces protégées différentes.

Le coffre‑fort numérique de l’Arche de Noé pour cartographier les espèces

Les suivis scientifiques sur le terrain ne servent pas uniquement à la protection immédiate, ils alimentent également une véritable infrastructure informatique d’État. Avec un patrimoine floristique qui compte pas moins de 13 343 plantes à graines et un taux d’endémisme très élevé, comprenant 3 301 espèces endémiques et 391 endémismes locaux, le pays avait besoin d’un système de suivi avancé.

Toutes les données recueillies sont systématiquement saisies dans la base de données nationale Noah’s Ark (l’Arche de Noé biologique). Cette plateforme numérique attribue un code d’identification à chaque espèce, croisant les données historiques avec la littérature scientifique afin de suivre, au fil du temps, les déplacements et l’état de santé des animaux.

Source : tarimorman.gov.tr

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