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Arbres en ville contre la canicule : la végétation urbaine réduit l’effet d’îlot de chaleur au-delà des prévisions

  • 05 juin 2026 15:39

Une étude mondiale montre que la couverture arborée en milieu urbain réduit jusqu’à 50 % l’îlot de chaleur : la végétation devient un levier stratégique contre le réchauffement des villes.

Une nouvelle étude publiée dans Nature Communications a passé au crible près de 9 000 zones urbaines à travers le monde, représentant environ 3,6 milliards de personnes. Elle met en lumière un chiffre saisissant : la couverture arborée déjà présente dans les villes est déjà capable de réduire jusqu’à 50 % l’effet d’"îlot de chaleur urbain".

Le phénomène d’îlot de chaleur urbain désigne la hausse des températures dans les villes par rapport aux zones rurales, avec des écarts compris, en moyenne, entre 1 et 3 °C, mais qui peuvent parfois atteindre jusqu’à 7 °C. Ce phénomène est principalement dû à l’utilisation massive de matériaux comme le béton, l’asphalte et la brique, qui absorbent la chaleur dans la journée et la rejettent lentement.

Comment les arbres rafraîchissent les villes et pourquoi ils changent la donne

Selon les chercheurs, les arbres agissent via deux mécanismes essentiels. Le premier est l’ombrage, qui empêche le rayonnement solaire de frapper directement les surfaces artificielles. Le second est la transpiration, un processus naturel par lequel les plantes libèrent de la vapeur d’eau, contribuant ainsi à abaisser la température de l’air environnant.

L’effet global est plus important qu’on ne le pensait jusqu’ici : la végétation urbaine actuelle parvient déjà à compenser entre 41 % et 49 % de la chaleur potentielle qui s’accumulerait en l’absence de verdure. Dans certaines villes, cela se traduit par une baisse ressentie d’au moins 0,5 °C, un écart significatif, en particulier lors des vagues de chaleur.

Inégalités environnementales et disparités entre quartiers

L’étude met également en évidence un volet social majeur : la répartition de la végétation urbaine est loin d’être uniforme. Dans les quartiers les plus défavorisés, la présence d’arbres est en moyenne inférieure à celle des quartiers aisés. Aux États-Unis, par exemple, les communautés à faibles revenus affichent environ 15 % de couverture arborée en moins et des températures supérieures de près de 1,5 °C. Une disparité qui montre à quel point le verdissement urbain est aussi une question de justice climatique, et pas seulement environnementale.

La végétation seule ne suffit pas : la nécessité d’une stratégie globale

Les experts rappellent que, bien qu’elle soit fondamentale, l’augmentation de la couverture arborée ne peut constituer l’unique solution. Même dans les scénarios optimistes, avec une augmentation de la végétation mondiale de 18 % à 33 %, le bénéfice attendu ne compenserait qu’une partie du réchauffement à venir. Pour relever le défi climatique en ville, il faudra combiner la végétation à d’autres stratégies : recours à des matériaux de construction réfléchissants, conception de villes plus ventilées, et reconversion d’espaces inutilisés en nouvelles zones vertes urbaines.

Source : Nature Communications

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