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Après 50 ans de protection, la Finlande autorise à nouveau la chasse au loup

  • 09 janv. 2026 16:00

Après plus de cinquante ans de totale (ou presque) protection, la Finlande a décidé d'autoriser la chasse au loup à partir de début 2026. Cette décision découle de la nécessité de contenir une population en forte croissance et de réduire les conflits avec les agriculteurs, les chasseurs et les communautés rurales. 

Cette mesure a été approuvée par le Parlement et modifie considérablement l'approche précédente, qui reposait uniquement sur des abattages exceptionnels.

Déjà 12 loups tués 

Les modifications apportées à la loi finlandaise sur la chasse prévoient une saison limitée et strictement contrôlée. La période proposée s'étend du 1er janvier au 10 février 2026, la confirmation finale étant confiée aux autorités compétentes. La chasse au loup sera autorisée exclusivement grâce à des permis spécifiques, délivrés au niveau régional par le ministère de l'Agriculture et des Forêts. Selon les estimations du gouvernement, au moins 65 loups pourraient être abattus pendant l'hiver, 12 animaux ayant déjà été tués dès le premier jour de chasse. Toute intervention devra respecter des quotas stricts, avec des contrôles rigoureux et des sanctions sévères en cas d'infraction.

Une population en forte croissance

Cette décision repose sur l'évolution des chiffres. Les données officielles indiquent qu'en mars 2025, environ 430 loups vivaient en Finlande, soit une augmentation d'environ 46 % par rapport à l'année précédente. Cette croissance a été particulièrement marquée dans le sud-ouest du pays, favorisée par la disponibilité des proies et les migrations transfrontalières. Les experts soulignent que les naissances printanières pourraient avoir encore augmenté la population d'ici la fin de 2025, accroissant ainsi la pression sur le territoire.

Des conflits croissants en zone rurale

Le retour de la chasse est également motivé par l'augmentation des dommages économiques et sociaux. Ces dernières années, les prévisions concernant les rennes ont fortement augmenté, avec environ 2 000 animaux tués en une seule année. À cela s'ajoutent les pertes de bétail et les attaques fréquentes contre les chiens de chasse, une question particulièrement sensible pour les communautés locales. Par ailleurs, la présence de loups à proximité des villages et des fermes a alimenté les appels en faveur d'un contrôle plus actif.

Une solution, vraiment ? 

Personne ne nie l'existence de ces problèmes. Cependant, la brutalité n'est pas et ne peut pas être la seule solution. Autoriser l'abattage d'au moins 65 loups en une seule saison risque de replonger l'espèce dans une nouvelle phase de fragilité, alors qu'elle montrait des signes de rétablissement. Les défenseurs de l'environnement soulignent qu'une population stable devrait dépasser les 500 individus pour garantir une diversité génétique suffisante.

Il existe des outils de prévention plus efficaces, tels que les clôtures électrifiées, les chiens de garde, les systèmes de surveillance et les compensations économiques. Investir dans ces mesures serait beaucoup plus cohérent avec une politique qui souhaite réellement concilier la sécurité humaine et la protection de la nature.

L'Europe et le risque d'un retour en arrière

La récente révision du statut de protection du loup au niveau européen a ouvert la voie à des politiques plus permissives en accordant davantage de flexibilité aux États membres. Mais plus de flexibilité ne devrait pas signifier moins de protection. Les autorités finlandaises affirment que la chasse réglementée est compatible avec le droit européen, mais autoriser la chasse réglementée envoie un message dangereux : lorsqu'une espèce se rétablit, elle peut à nouveau être sacrifiée pour des raisons politiques ou sous la pression locale. C'est une approche qui contredit des décennies d'engagement en faveur de la conservation.

Le loup n'est pas la cible

Le loup n'est pas un problème à éliminer, mais une ressource écologique à comprendre et à protéger. En faire une cible légale risque de raviver des peurs ancestrales et de légitimer la violence envers la faune sauvage. Si nous voulons un avenir où les humains coexistent avec la nature, la voie à suivre ne peut être celle des armes à feu, mais celle d'une cohabitation responsable.

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