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La Norvège à la pointe de l'innovation électrique

  • 19 avr. 2026 19:00

La Norvège commande 20 ferries électriques à hydroptère : ils fileront dans les fjords à partir de 2027, avec moins de bruit, une vague réduite et des recharges rapides

Dans les fjords, les liaisons par voie d’eau rythment des journées entières. On les emprunte pour aller travailler, pour passer d’une commune à l’autre, pour faire fonctionner un littoral qui vit de longues distances et d’escales en continu. C’est pour cela que la commande signée par Boreal pèse vraiment lourd : l’opérateur norvégien a acheté 20 ferries électriques, dans ce qui est présenté comme la plus grande flotte électrique de cette catégorie annoncée à ce jour. Les deux premières unités arriveront en 2027, les autres suivront par tranches jusqu’en 2030.

Le contexte aide à comprendre pourquoi ce choix a particulièrement du sens ici. En 2025, les voitures 100 % électriques ont représenté 95,9 % des nouvelles immatriculations en Norvège, un niveau qui a fait du pays le laboratoire le plus avancé d’Europe en matière de mobilité électrique à batterie. L’étape suivante, presque inévitable, concerne la mer : le long de la côte norvégienne, le transport rapide reste essentiel et c’est justement là que les moteurs diesel ont continué à dominer plus longtemps.

Jusqu’ici la limite était toujours la même : les ferries électriques disponibles offraient soit une autonomie trop faible, soit des vitesses peu adaptées à de vraies lignes, celles qui doivent respecter des horaires et couvrir de longues distances. Le Candela P-12 cherche justement à s’insérer dans cette brèche. Il navigue à 25 nœuds de croisière, soit environ 46 kilomètres à l’heure, et atteint un peu plus de 74 kilomètres. Des chiffres pensés pour des routes qui restaient jusque-là l’apanage du diesel.

Point très concret : la recharge. Ces ferries électriques peuvent refaire le plein en environ une heure à l’aide de bornes rapides DC standard, sans obliger les ports à installer des systèmes gigantesques et bien plus coûteux. Pour un réseau côtier fait d’escales multiples, de petites localités et de lignes mixtes, c’est la différence entre un projet élégant sur le papier et un moyen de transport que l’on peut réellement mettre en service.

Il y a aussi un aspect que les passagers percevront immédiatement. Lors des essais menés à Stockholm, la vague du P-12 a été mesurée à 13 centimètres, comparable à celle d’un petit tender à moteur hors-bord. Le niveau sonore en cabine est resté autour de 63–64 décibels, en dessous des niveaux typiques de nombreux ferries et bateaux rapides traditionnels. En plus, le système de contrôle numérique lit les vagues grâce à des capteurs et ajuste en temps réel les hydrofoils, ce qui permet une navigation plus stable même lorsque la mer est formée.

Un test a déjà permis de démontrer que le bateau sait aussi vivre en dehors des brochures. En février, Candela a annoncé que le P-12 avait réalisé ce qu’elle décrit comme la plus longue traversée électrique du secteur, entre la Suède et la Norvège, avec des recharges en cours de route. C’est indispensable également, car les ferries électriques se jugent sur le service répété, sur les kilomètres réellement parcourus, sur les horaires tenus quand la mer cesse d’être une carte postale.

La Norvège avait déjà poussé l’électrique sur les routes jusqu’à presque atteindre un point de saturation. Elle tente désormais de faire de même sur les liaisons maritimes rapides, les plus tenaces et les plus exposées. 

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