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Le réchauffement climatique ferait grossir les grêlons

  • 28 mai 2026 11:20

Quand on évoque le changement climatique, on pense immédiatement canicule, sécheresse ou montée des eaux. Pourtant, le réchauffement global influe aussi sur d'autres phénomènes météorologiques, comme la grêle. Une étude révèle que les grêlons deviennent de plus en plus gros et de plus en plus destructeurs, même si les épisodes de grêle ne sont pas nécessairement plus fréquents.

L'alerte a été confirmée par une étude publiée dans la revue Nature le 27 mai 2026, annoncent Le Monde et Le Figaro. Selon les chercheurs, deux mécanismes physiques principaux expliquent le grossissement des grêlons. D'une part, une atmosphère plus chaude contient davantage de vapeur d'eau, ce qui augmente la probabilité de formation de grêlons plus gros. D'autre part, la hausse des températures fait remonter l'altitude où la glace fond. Résultat : les petits grêlons fondent davantage avant d'atteindre le sol et se transforment en pluie, tandis que les gros grêlons survivent jusqu'à l'impact.

"Le changement climatique entraînerait des épisodes de grêle non pas plus fréquents, mais plus intenses, avec des grêlons plus gros", résume Davide Faranda, directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, relayé par Le Monde.

Les chiffres confirment cette tendance. Selon les projections pour la période 2020-2100, la fréquence des gros grêlons supérieurs à 3 cm devrait augmenter de 38% à 52%, selon les scénarios de réchauffement (+2,7 °C à +4,5 °C). À l'inverse, les petits grêlons inférieurs à 3 cm diminueront de 4% à 12%. Cela ne signifie pas qu'il y aura plus d'orages de grêle, mais que les orages les plus violents produiront bien davantage de gros grêlons destructeurs.

Et ce scénario n'est déjà plus une fiction. Des records de taille ont déjà été enregistrés ces dernières années. En juin 2022, un grêlon de 13 cm est tombé à Vic-en-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées, établissant le record français. En juin 2025, un grêlon de 10 cm a frappé l'Aquitaine. Paris avait déjà connu un grêlon de 8 cm en juin 2014. Aux États-Unis, un grêlon de 20 cm, équivalent à une balle, avait été mesuré dans le Dakota du Sud en 2010. Ces tailles dépassent largement celles d'un simple pois ou d'une bille : un grêlon de 10 cm équivaut à une petite pomme, et un de 20 cm à un pamplemousse.

Pour la première fois en Europe, une étude d'attribution publiée en mars 2026 a établi l'impact direct du changement climatique sur un épisode de grêle précis : celui du 3 mai 2025 ayant touché Paris et plusieurs régions de France et d'Allemagne. Les chercheurs ont montré que la probabilité de grêle a augmenté jusqu'à 30% sur Paris et ses environs, et que la taille des grêlons a augmenté jusqu'à 2 cm du fait du réchauffement. Les tailles simulées passent d'un régime faiblement dommageable de 3 à 4 cm à des valeurs clairement destructrices.

"La grêle ne peut plus être considérée comme un aléa marginal ou localisé. Dans un climat plus chaud, ces événements deviennent plus intenses et affectent des zones plus étendues, y compris les grandes agglomérations", prévient Davide Faranda.

Les conséquences sont directes. Les grêlons plus gros tombent plus vite, augmentant l'énergie d'impact et les dommages aux cultures, toitures, véhicules et infrastructures. Les pertes économiques sont en hausse, tout comme les dossiers introduits auprès des compagnies d'assurance.

 

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