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Le Portugal accueille le premier sanctuaire d’Europe pour des éléphants sauvés de zoos et de cirques : touristes non admis

  • 25 mai 2026 08:11

Au cœur de l’Alentejo portugais, à environ 200 kilomètres de Lisbonne, a vu le jour un projet qui pourrait changer le destin des éléphants captifs en Europe. Baptisé "Pangea", il s’agit du premier grand sanctuaire européen conçu exclusivement pour accueillir des éléphants issus de zoos et de cirques. 

Ce n’est ni un parc ouvert aux visites, ni une attraction touristique, mais un espace entièrement pensé pour le bien‑être animal, à l’abri du vacarme des spectacles et des cages.

Les premières pensionnaires seront Julie et Kariba, deux éléphantes d’Afrique aux parcours très différents, mais unies par une longue vie passée en captivité. Julie était la dernière éléphante de cirque du Portugal, tandis que Kariba, devenue orpheline au Zimbabwe lors des campagnes de braconnage des années 1980, a passé près de quatre décennies dans des zoos européens, le dernier en date étant situé en Belgique. À Pangea, elles pourront enfin se déplacer librement, se baigner, socialiser et vivre au sein de groupes compatibles.

Le transfert de Kariba

Kariba porte en elle une histoire extrêmement dure. Née au Zimbabwe dans les années 1980, elle est devenue orpheline après le massacre de son troupeau par des braconniers lors d’une campagne liée au trafic d’ivoire. Transférée en Europe alors qu’elle était encore très jeune, elle a passé près de quarante ans dans des zoos, le dernier en Belgique.

Son arrivée dans le sanctuaire portugais était prévue pour la fin du mois, mais le transfert a été temporairement reporté suite à la découverte d’un abcès à un pied, une pathologie fréquente chez les éléphants élevés en captivité. Les vétérinaires assurent les soins nécessaires, et Pangea a confirmé que Kariba ne prendra la route que lorsqu’elle sera complètement rétablie et prête à affronter le voyage vers sa nouvelle vie en semi‑liberté.

La souffrance des éléphants dans les zoos et les cirques

Les éléphants comptent parmi les animaux les plus intelligents et sensibles de la planète, avec des besoins sociaux et physiques extrêmement complexes. À l’état sauvage, ils parcourent des dizaines de kilomètres chaque jour et vivent en grands groupes. En captivité, au contraire, les espaces sont réduits et les relations sociales souvent limitées, voire inexistantes.

Les études les plus récentes révèlent des chiffres préoccupants : les femelles africaines vivant dans les zoos ont une espérance de vie moyenne bien inférieure à celle des individus sauvages, et les taux de mortalité infantile y sont également plus élevés. C’est pourquoi un nombre croissant d’établissements européens choisissent de mettre fin à la captivité des éléphants, même si le principal défi reste de trouver des lieux adaptés où pour les accueillir.

Un sanctuaire qui mise aussi sur le "rewilding"

Pangea s’est implanté sur un ancien ranch dégradé et s’étendra dans un premier temps sur 28 hectares, avec l’objectif d’atteindre à terme plus de 400 hectares. Le projet ne vise pas seulement à la réhabilitation des animaux, mais aussi à la régénération de l’écosystème local grâce à des pratiques de rewilding (réensauvagement). Les éléphants joueront en effet un rôle actif dans la restauration naturelle de la zone, entre pâturages, lacs et végétation. Selon Kate Moore, directrice générale du sanctuaire, l’objectif est d’offrir aux animaux une vie aussi proche que possible de la vie sauvage, sans contact intrusif avec le public.

Source : Pangea Trust

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