Ces dernières années, les fleuves de l’Arctique prennent des teintes orangées saisissantes. Le phénomène a d’abord été repéré par des pilotes qui survolaient le nord de l’Alaska, remarquant des cours d’eau soudainement "rouillés". Il ne s’agit pas de pollution industrielle : les zones environnantes sont sauvages et dépourvues d’activités humaines, ce qui indique une cause naturelle, liée au changement climatique.
Le responsable de cette coloration est le pergélisol, la couche de sol en permanence gelée qui recouvre une grande partie de l’Arctique. Avec la hausse des températures, ce sol dégèle progressivement. Lorsque la glace fond, l’eau s’infiltre plus en profondeur et met à nu des minéraux comme la pyrite, un sulfure de fer qui, en réagissant avec l’oxygène et l’eau, libère du fer et de l’acide sulfurique, ce qui colore les fleuves et modifie leur composition chimique.
Les fleuves orangés ne contiennent pas seulement du fer, mais aussi d’autres métaux lourds comme l’aluminium, le cuivre et le zinc. Ce cocktail peut perturber gravement les écosystèmes aquatiques, en affectant les insectes, les poissons et les animaux qui dépendent de ces eaux. Les saumons sont particulièrement vulnérables : les altérations chimiques peuvent interférer avec leur capacité à s’orienter et à se reproduire, avec de possibles répercussions sur la pêche locale et l’économie, en particulier pour l’industrie du saumon en Alaska.
Le phénomène des fleuves "rouillés" est un signal évident du changement climatique dans l’Arctique, une région qui connaît le réchauffement le plus rapide de la planète. Outre la fonte du pergélisol, l’Arctique subit déjà les effets de la réduction de la banquise, d l’élévation du niveau des mers et de la pénétration d’eaux atlantiques plus chaudes dans l’océan Arctique, ce qui modifie les écosystèmes marins et influe sur le climat à des latitudes plus basses.
(JS/©Greenme.it/Traduction et adaptation : The Global Nature/Pic : Unsplash)
