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Après 20 ans, le lac de Garde "respire" à nouveau : ce phénomène rare qui régénère son écosystème

  • 12 mai 2026 11:07

Après vingt ans, les fonds du lac de Garde recommencent à respirer : un brassage de ses eaux exceptionnel, rendu possible par le froid intense et les vents du nord, régénère l’écosystème en apportant oxygène et nutriments.

Un événement extraordinaire vient de se produire dans les profondeurs du lac de Garde. Ce phénomène rare, quasiment imperceptible pour les touristes qui se promènent le long des rives, est pourtant crucial pour la santé du plus grand lac d’Italie. Après une vingtaine d’années, le lac de Garde a achevé un processus naturel de brassage complet de ses eaux, une sorte de "respiration" géante capable de régénérer l’ensemble de l’écosystème lacustre. Le dernier épisode de ce type remontait à l’hiver 2006. Depuis, le lac n’était plus parvenu à mélanger totalement ses couches superficielles et profondes. Cette fois-ci, des conditions climatiques idéales ont tout remis en mouvement.

Le rôle décisif du froid et du vent

À l’origine de cet événement exceptionnel se trouve une combinaison de facteurs très précis : des températures glaciales, de forts courants venues du nord et un phénomène appelé homothermie. Concrètement, la température de l’eau est devenue quasiment identique, de la surface jusqu’aux plus grandes profondeurs. Quand cela se produit, les différences de densité entre les couches du lac disparaissent. C’est là qu’entre en jeu le vent : il a poussé les masses d’eau à se mélanger totalement, même au-delà de 270 mètres de profondeur. Dans les grands lacs profonds comme le lac de Garde, qui atteint par endroits 350 mètres, ce processus est extrêmement rare. En temps normal, seuls des brassages partiels sont observés, insuffisants pour régénérer véritablement les fonds.

De l’oxygène en profondeur et des nutriments qui remontent

Les données recueillies par la sonde multiparamétrique de l’Appa (Agence pour la protection de l’environnement), installée à Riva del Garda entre la pointe Lido et la plage Sabbioni, décrivent avec précision ce qui s’est produit. Le 1er avril, une température de 9,45 °C a été enregistrée, de manière quasi uniforme entre la surface et le fond. Mais la donnée la plus significative concerne l’oxygène : à 270 mètres de profondeur, sa concentration a augmenté d’environ un tiers, passant de 6,61 mg/l à 8,80 mg/l en quelques jours.

Sur le plan écologique, cela représente une véritable recharge naturelle. Les eaux de surface, riches en oxygène, ont plongé vers le fond, tandis que les eaux profondes sont remontées, entraînant avec elles des nutriments et des oligoéléments accumulés au fil des ans. Un processus essentiel pour éviter la stagnation, préserver la biodiversité et assurer la survie des espèces qui peuplent les zones les plus profondes du lac.

Un signal positif, mais aussi un avertissement climatique

Les spécialistes y voient une excellente nouvelle pour le lac de Garde, qui démontre une fois de plus une étonnante capacité d’auto-régénération. Ce brassage pourrait également favoriser, dans les prochains mois, une augmentation du phytoplancton et des floraisons algales, des phénomènes naturels liés à la nouvelle disponibilité de nutriments.

Parallèlement, de nouvelles données incitent toutefois à la réflexion. Ces dernières décennies, les températures de surface du lac de Garde ont augmenté de manière constante sous l’effet du changement climatique. Aujourd’hui, les eaux profondes sont sensiblement plus chaudes que dans les années 1990. Et c’est précisément là que se situe l’enjeu : des événements comme celui qui vient de se produire deviennent de plus en plus rares. Car pour permettre au lac de "respirer", il faut des hivers vraiment froids, des vents forts et un équilibre climatique de plus en plus difficile à atteindre.

Source : Province autonome de Trente

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