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Action historique pour sauver les glaciers en Argentine : plus de 850 000 signatures contre la réforme minière

  • 06 mai 2026 17:00

Il y a quelques semaines seulement, le Parlement argentin approuvait la réforme de la loi sur les glaciers proposée par le gouvernement Milei, autorisant de fait l’activité minière dans les zones écologiquement sensibles de la cordillère des Andes. Mais aujourd’hui, la population a aussi son mot à dire.

En effet, plus de 850 000 personnes ont adhéré à un recours collectif visant à bloquer cette réforme. Selon les organisations environnementales et sociales qui soutiennent l’initiative, la modification législative affaiblit la protection des glaciers et de l’environnement périglaciaire, mettant en péril des ressources en eau fondamentales pour le pays.

L’action en justice a été déposée devant le tribunal fédéral de la province de La Pampa et demande la suspension immédiate de l’application de la nouvelle loi sur l’ensemble du territoire national.

Parmi les promoteurs du recours figurent la Fundación Ambiente y Recursos Naturales (FARN), l’Asociación Argentina de Abogados/as Ambientalistas (AAdeAA) ainsi que Greenpeace. Ces organisations contestent la constitutionnalité de la réforme soutenue par le gouvernement du président Javier Milei et appuyée par le secteur minier. Toutes sont convaincues d’une chose : la nouvelle réglementation vise à réduire les garanties de protection de l’environnement, ouvrant la voie à des activités économiques, en particulier minières, dans des zones auparavant placées sous protection.

Et ce n’est pas tout : les critiques portent aussi sur le processus législatif qui a conduit à l’adoption de la réforme. Lors des auditions publiques organisées par les commissions de la Chambre des députés, plus de 100 000 personnes inscrites se sont vu interdire toute intervention orale. En outre, moins de 0,2 % des inscrits ont pu participer directement, transformant ainsi l’audition en une "simulation de participation".

L’Association argentine des avocats environementalistes a par ailleurs dénoncé le fait que les règles de la consultation publique auraient été modifiées après l’ouverture des inscriptions, introduisant des critères jugés arbitraires pour l’acceptation des vidéos et des contributions écrites.

Sur le fond de la réforme, les organisations reprochent au nouveau texte de remplacer des critères scientifiques reconnus par des décisions discrétionnaires confiées aux différentes provinces, pour déterminer quelles zones protéger ou non.

“Il ne s’agit pas d’une mise à jour technique, mais d’une tentative de fragmenter la protection de ressources qui appartiennent à tous les Argentins”, ont déclaré les environnementalistes.

La protection des glaciers et de l’environnement périglaciaire est considérée comme stratégique, car ces zones alimentent près de 40 % des bassins hydriques nationaux et garantissent l’approvisionnement en eau de plus de 7 millions de personnes.

Pendant ce temps, dans la province de Santa Cruz, la justice fédérale de Río Gallegos a déjà ordonné la suspension de l’application de la réforme. Le juge fédéral Claudio Marcelo Vázquez a accepté une mesure conservatoire dans le cadre d’un recours environnemental, bloquant temporairement toute activité dans les zones protégées concernées par la nouvelle réglementation.

Source : Asociación Argentina de Abogados/as Ambientalistas (AAdeAA)

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