C'est en 2011 que le biologiste Gaetan Borgonie a découvert Halicephalobus mephisto, surnommé le "ver du diable", dans la mine d'or de Beatrix en Afrique du Sud. Une trouvaille qui a bouleversé nos certitudes sur les limites du vivant.
Avant les années 1980, on pensait que la vie ne pouvait se frayer un chemin au-delà de 30 centimètres sous terre, comme le rappelle la BBC. Pourtant, le "ver du diable", ce minuscule nématode, prospère à plus de 1,3 km de profondeur dans un environnement très pauvre en oxygène et totalement privé de lumière solaire.
Ce prédateur microscopique s'alimente de bactéries présentes dans la biosphère profonde. Certains de ces micro-organismes sont ancrés là depuis la fragmentation de la Pangée (l'unique supercontinent de la Terre), il y a 165 millions d'années. Ils représentent par ailleurs 12 à 20 % de la biomasse microbienne terrestre.
Pour faire face à ces températures et pressions extrêmes, l'animal peut compter sur une surabondance de gènes produisant des protéines de choc thermique, indique le média Slate. Halicephalobus mephisto recourt également à la parthénogenèse, un mode de reproduction sans accouplement idéal pour compenser l'isolement absolu des profondeurs.
L'existence d'un tel écosystème animal dans des conditions aussi hostiles repousse les limites de la biologie et offre de nouvelles perspectives pour la recherche de vie extraterrestre.
