Pendant des décennies, le moment exact où la taille des humains a connu son bond évolutif a suscité le débat auprès des chercheurs. Une récente étude internationale, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), vient de réconcilier les différentes théories.
En étudiant 386 spécimens fossiles (estimant leur masse corporelle) issus de 21 taxons distincts, les scientifiques ont pu démontrer que la stature humaine avait en réalité évolué selon deux rythmes parallèles. Pour confirmer les hypothèses, ils ont également répété leurs analyses sur 1 000 arbres phylogénétiques différents et 1 000 ensembles de données distincts.
D'une part, notre lignée a suivi une hausse modeste mais constante de la taille corporelle sur des millions d'années. Elle a, par ailleurs, gagné environ 0,9 kilogramme par million d'années. D'autre part, une accélération nettement plus brutale s'est produite chez les membres plus récents du genre Homo, en particulier chez les espèces qui ont succédé à Homo habilis.
Cette interprétation coïncide directement avec des transformations majeures dans le mode de vie de nos ancêtres telles que l'adoption d'une bipédie (marche sur deux pieds) plus optimale, l'organisation d'un territoire plus vaste ainsi qu'une consommation accrue de viande. Selon les chercheurs, la taille corporelle humaine aurait ainsi été autant la cause que la conséquence de ces profonds changements écologiques et comportementaux, relate le média Slate.
