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Pourquoi les tigres perdent-ils leurs rayures en masse ?

  • 02 août 2026 10:00

Découvrez pourquoi la restauration de la nature menace de rendre noir cet emblème de la jungle.

La réserve de tigres de Similipal, dans l’est de l’Inde, abrite des tigres au pelage singulier : leur fourrure orange est en grande partie dominée par de larges rayures noires. Cette mutation génétique rare, appelée pseudo-mélanisme, touche environ la moitié des quelque 30 tigres de la réserve. Ce pelage foncé est en soi inoffensif, mais il est le signe d’un problème plus grave : la consanguinité due à l’isolement.

Il y a plusieurs décennies, les tigres d’Inde étaient au bord de l’extinction. Grâce à une protection renforcée, notamment par le biais de l’Autorité nationale de conservation des tigres, leur nombre est passé d’environ 1 400 en 2006 à plus de 3 100 en 2022. Similipal, l’une des plus grandes réserves, a vu sa population passer de seulement quatre individus en 2014 à un nombre plus stable. Mais cette réserve est une véritable "île aux tigres". Elle est entourée de villes, de villages et de terres agricoles, sans corridors fonctionnels vers les réserves voisines telles que Satkosia (où il n’y a plus de tigres) et les Sundarbans. 

Les tigres ne pouvant pratiquement ni entrer ni sortir de Similipal, le pool génétique y est restreint. La propagation rapide du pseudo-mélanisme, causée par un hasard naturel de l’ADN, montre à quelle vitesse des caractéristiques peuvent se propager en cas de consanguinité. Les experts avertissent que des mutations nocives peuvent également apparaître de cette manière, ce qui menace la survie à long terme de l’espèce. L’objectif n’est désormais plus seulement de compter les tigres, mais de restaurer la diversité génétique.

Créer de la diversité génétique

C’est pourquoi les gardes forestiers, les défenseurs de la nature et les généticiens collaborent à un programme d’élevage ciblé. Uma Ramakrishnan, écologiste moléculaire au Centre national des sciences biologiques, étudie l’ADN de tigres actuels et historiques. Il examine même des spécimens empaillés provenant d’anciennes collections de chasse afin de trouver les meilleures compatibilités génétiques. Pendant ce temps, des équipes sur le terrain recherchent des mâles comme T12, un vieux tigre en grande partie noir qui occupe une place centrale dans les plans visant à établir de nouvelles lignées saines. 

Sans intervention, la population de tigres de Similipal risque de s’effondrer génétiquement. De nos jours, la conservation exige bien plus que la simple protection de l’habitat. Elle nécessite de briser l’isolement et d’assurer un avenir résilient à cette partie unique de la nature indienne.

 

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