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Les dégâts causés par la canicule s'élèvent à 180 milliards d'euros, selon la Triodos Bank

  • 10 août 2026 10:00

La canicule qui a frappé l'Europe cet été entraîne à la fois une hausse de la mortalité et des pertes économiques, comme le révèle un rapport de la Triodos Bank intitulé "L'économie de la chaleur".

"Cet été montre que le changement climatique n’est pas un risque économique lointain. La canicule extrême que nous subissons tous aujourd’hui illustre concrètement comment le changement climatique va affecter les vies, les travailleurs et la prospérité dans toute l’Europe", a déclaré Hans Stegeman, économiste en chef chez Triodos Bank, dans un communiqué de presse publié sur le site web de la banque. 

"Pour cette année, une perte de 1 % du PIB signifierait une stagnation. C’est un véritable revers, mais pas une catastrophe. Cependant, la canicule extrême de cette année n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si nous n’agissons pas rapidement et avec détermination face au changement climatique. Cela signifie que nous devons changer notre mode de vie et transformer nos économies afin de réduire notre consommation d’énergie et de matières premières."

Un lourd tribut pour l’homme et la nature

En une semaine de juin, on estime que plus de 20 400 personnes sont décédées des suites de la canicule dans des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. Par ailleurs, des problèmes tels que le suicide, la violence domestique et les troubles de santé sont également en hausse, en particulier dans les régions vulnérables et les plus pauvres. Les personnes âgées sont les plus durement touchées.

La canicule cause également d’importants dégâts à la nature et à l’économie. Les feux de forêt ont déjà ravagé plus de 430 000 hectares de terres, principalement en Europe du Sud, avec de graves conséquences pour les écosystèmes et la faune. Les pertes économiques se chiffrent en milliards d’euros.

Par ailleurs, la production agricole et l’élevage sont en baisse, les prix des denrées alimentaires et de l’énergie augmentent, et les transports routiers et la navigation fluviale sont perturbés par la sécheresse et les faibles niveaux d’eau. La productivité du travail diminue également lorsque les températures dépassent 25 à 30 degrés, et l’absentéisme pour cause de maladie augmente.

Les pertes économiques se chiffrent en dizaines de milliards

Au total, la Banque Triodos estime les pertes économiques à environ 180 milliards d’euros, soit près de 1 % du PIB européen. La croissance attendue s’en trouve ainsi presque entièrement annulée. La France est la plus durement touchée, mais les Pays-Bas voient également leur croissance reculer.

Selon Triodos, l’adaptation seule ne suffit pas et il faut s’attaquer de manière structurelle aux émissions de gaz à effet de serre pour limiter les dégâts futurs.

"Un été aussi chaud, aussi visible et aussi coûteux aurait dû marquer la fin de toute abstraction. Au lieu de modéliser ce que les dommages climatiques pourraient signifier dans un avenir lointain, nous voyons d’immenses étendues brûler sous nos yeux tandis que des centrales électriques sont mises à l’arrêt faute d’eau", peut-on lire dans le rapport. "Cela devrait être le genre de choc qui pousse les gens, et les institutions qui les représentent, à agir. Ce n’est pas encore le cas."

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