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Le vénérable Mont Fuji, victime de son succès

  • 15 août 2026 13:00

Symbole sacré du Japon, le mont Fuji paie aujourd’hui le prix de sa beauté. Entre foules de randonneurs, érosion des sentiers et montagne de déchets, l’icône volcanique est devenue l'archétype du surtourisme au Japon.

Depuis des siècles, le Fuji attire pèlerins, marcheurs et voyageurs en quête d’un lever de soleil inoubliable. Mais cette montagne vénérée, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2013, supporte de plus en plus mal l’afflux massif de randonneurs, surtout sur le sentier Yoshida, la plus populaire et le plus congestionnée des voies d'accès.

Chaque été, la saison d’escalade transforme le volcan en un couloir de transhumance humaine. Le site officiel rappelle d’ailleurs que la forte affluence fait partie des risques à anticiper, au même titre que la désorientation ou les mauvaises conditions météo. Mais le problème n’est pas seulement esthétique. Les pas répétés accélèrent l’usure des sols, tandis que les déchets et les usages logistiques pèsent sur un écosystème fragile. Selon des articles récents, les autorités ont déjà réduit la pression en instaurant des règles d’accès plus strictes.

Depuis 2024, plusieurs mesures visent à contenir le flot de visiteurs, avec une taxe d’entrée sur les principaux sentiers et un quota journalier sur la voie Yoshida. L’objectif est clair : préserver la montagne et améliorer la sécurité. Les autorités cherchent aussi à dissuader les ascensions trop rapides, souvent réalisées de nuit pour atteindre le sommet à l’aube, ce qui augmente les risques d’épuisement et d’accident.

Colonne de randonneurs sur le Mont Fuji -  © Ryan via Unsplash

Alors que faire pour les randonneurs qui rêvent d'épingler le Fuji à leur tableau de chasse ? La bonne réponse n’est pas forcément de renoncer à l'ascension, mais de l’aborder autrement. Dans un article récent, le Figaro souligne ainsi que d’autres itinéraires permettent de découvrir une montagne plus calme, notamment le sentier de Fujinomiya, moins fréquenté, ou des randonnées au pied du volcan, autour d’Aokigahara ou du cratère Hoei.

Cette approche a du sens pour un site aussi symbolique. Elle permet de sortir du simple “sommet à cocher” pour retrouver la dimension spirituelle, paysagère et lente du Fuji, celle des anciennes routes de pèlerinage et des panoramas qui racontent la montagne mieux que la file d’attente vers la cime

Au fond, le mont Fuji n’a pas seulement besoin d’être protégé : il a besoin d’être regardé avec davantage de patience. Le tourisme de masse l’a réduit pour beaucoup à une performance; les nouvelles règles et les itinéraires alternatifs rappellent qu’il reste avant tout un lieu vivant, sacré et vulnérable. Le Fuji n’est pas seulement une carte postale menacée et un géant en sursis, il est un avertissement pour notre conception du tourisme. Quand une montagne emblématique devient trop visitée pour être encore contemplée, c’est tout notre rapport au voyage qu’il faut interroger.

 

En pratique : trois routes pour atteindre le sommet du géant

Trois voies principales permettent de rejoindre le sommet du Fuji. Voici une brève présentation de chacune d’elles, avec le niveau recommandé pour chaque profil de randonneur.

  • La voie Yoshida : c’est la route la plus accessible et la plus fréquentée. Elle convient aux débutants en bonne forme physique grâce à ses pentes plus douces, ses refuges nombreux et sa logistique simple. En revanche, elle est aussi la plus embouteillée.
     
  • La voie Fujinomiya : c’est la route la plus courte vers le sommet, mais aussi l’une des plus raides. Elle demande déjà un bon niveau d’endurance, à réserver à des randonneurs intermédiaires à confirmés, à l’aise avec l’effort en altitude et les montées soutenues.
     
  • La voie Gotemba : c’est la plus longue et la plus exigeante. Avec peu de refuges et un dénivelé important, elle s’adresse surtout à des randonneurs expérimentés qui recherchent une ascension plus sauvage et moins fréquentée.
     

Pour une montée “classique” et simple à organiser, on choisira la Yoshida. Pour un bon compromis entre fréquentation et effort, la Fujinomiya est le meilleur choix. Pour un vrai défi physique, Gotemba est la plus sportive. Le vrai point commun entre les trois, c’est que l’ascension du Fuji reste physique mais non technique : le terrain n’exige pas de compétences alpines avancées, mais l’altitude, la fatigue et le froid peuvent vite compliquer la sortie

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