La Grande Barrière de Corail ne sera pas inscrite pour l'instant sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO. Dans un projet de décision, le Comité du patrimoine mondial salue les efforts déployés par l’Australie pour protéger le récif, mais avertit dans le même temps que le blanchiment des coraux met de plus en plus à mal la résilience de l’écosystème.
La décision n’est pas encore définitive ; le Comité se penchera officiellement sur la question d’ici quelques semaines. En attendant, l’UNESCO demande à l’Australie de présenter, au plus tard en décembre 2028, un rapport sur la qualité de l’eau, suivi d’un nouveau rapport sur la conservation de la nature en 2029. L’organisation souhaite également recevoir dès que possible une évaluation complète de la dernière vague de blanchissement.
Selon le projet, les populations de coraux du récif auraient en effet fortement diminué à la suite des épisodes de blanchissement massif de 2024 et 2025. L’UNESCO fait part de sa "plus vive inquiétude" et affirme que, bien que le récif fasse preuve de résilience, sa capacité à résister à de tels événements extrêmes et à s’en remettre ne cesse de s’affaiblir.
Réaction australienne
Le gouvernement australien a réagi avec soulagement à cette décision provisoire. La ministre adjointe du Tourisme, Nita Green a déclaré que ce projet reconnaissait les efforts constants de l’Australie pour protéger et gérer le récif, tout en soulignant qu’il restait encore beaucoup à faire. Le gouvernement du Queensland a également mis en avant les investissements records consacrés au récif ainsi que l’engagement des scientifiques, des agriculteurs et des collectivités locales. Pour l’Australie, les enjeux sont considérables. La Grande Barrière de Corail est l’une des principales attractions touristiques du pays et, selon les autorités locales, elle génère des milliards pour l’économie. Le récif s’étend le long de la côte du Queensland et est considéré comme l’un des systèmes coralliens les plus importants et les plus vulnérables au monde.
Pression climatique
L’UNESCO qualifie le plan australien de "zéro émission nette" de pas dans la bonne direction, mais estime que des objectifs climatiques encore plus ambitieux sont nécessaires pour limiter le réchauffement futur. Depuis 2016, le récif a déjà été confronté à plusieurs reprises à un blanchissement à grande échelle, provoqué par la hausse de la température de l’eau de mer. Les prochains rapports devront déterminer si les mesures de protection sont suffisantes pour assurer la pérennité du récif à long terme.
